Toi, toi mon toit, un drôle de jeu
L'envers de soi. Aller aussi loin que possible, l'air de rien, sans évènement particulier. Signer littéralement son travail. Casser sans violence.
Ce qui n'est pas rentable est essentiel. Encore un travail que Gisèle ne pourrait pas éviter. Une nouvelle étape de vie qui réinterroge tout. Vite avant d'en être ailleurs.
Loin de toute pensée nostalgique, vraiment loin, d'autant qu'il suffit de voir sa tête, il y a 20 ans, la sienne donc... Bien sûr aujourd'hui est mieux de très loin. Loin de l'autre vie, loin dans les rêves, les espoirs, loin dans les fantasmes et les confiances.
Elle croit avoir toujours été confinée. Jamais sereine, toujours ce calme trop contenu, ce complexe généralisé qui risque de prendre la forme d'un "trop" à tout moment. Cette femme, 50 ans qu'elle l'accapare, exige une attention énorme qu'elle lui accorde puisque c'est devenu le cœur d'un travail. Sans cette contrepartie, le travail, l'image ! Sans cela, elle l'aurait déjà éliminée de sa vie depuis longtemps.
Derrière l'écran
Avec Yanko
Très gros chagrin.
La Crassula d'Isa puis de de Mateil et les tétons
1400 tours/min
Fondue
Dans son assiette
Encore et encore
Inéluctable solitude
En contact. J'arrête le blabla. C'est entre elle et moi.
Mon polochon.
On passe à l'heure d'été !
D'une pièce à l'autre. Je l'imite amusée et n'en pense rien.
Le contre jour. La campagne et la ville. Tant que la lumière rentre...
Sur le bureau et sous la lampe. Je l'imite sans donner.
La mains sous le menton. Je l'imite amusée et compatissante.
Elle téléphone au lit. Elle téléphone au lit. Je ne sais pas à qui. Elle parle dans sa chambre rouge. Je l'imite amusée. Fallait-il être déjà si habitée pour se photographier obsessionnellement en toute situation de la vie ordinaire. Un autre temps, sous un autre toit.
Avachie sur le canapé avec un châle. Elle a l'air si triste et fatiguée sous sa lumière froide.
Je l'imite amusée, mais elle me déprime, avachie comme ça avec tout ça dans la tête et son corps lourd.
Dans la maisonnette. Je l'imite amusée. Pas de magnifiques fleurs sur la table. De la douceur envolée. Un ours dans sa grotte.
Le poing serré. Je l'imite amusée, On a toujours un poing à serrer.
Devant l'ordinateur. Bon sang, elle fume dans ma chambre! Elle ne respire pas la joie de vivre.
Je l'imite amusée. Est ce que je trouve la vie plus drôle aujourd'hui ?
Au bureau. Je l'imite amusée. Le premier ordi. Une obsession de travail intacte qui suit son chemin.
Allongée sur son bras. Je l'imite amusée mais ne veut pas coller à sa tristesse.
Portrait près du rideau, avec du soleil. Là, le mot vieillir prend tout son sens. C'est intéressant les plis qui se forment. Le visage se redessine et à cesser d'être lisse. Je l'imite amusée.
Les mains entre les jambes. Je n'avais pas envie de reproduire plusieurs détails et n’aurai pu reproduire l'expression. Je l'imite pas très amusée et je mets au goût du jour mais quel goût ?
Le léger sourire, jambe remontée.
Je l'imite amusée mais la trouve un peu niaiseuse à droite. Cette introversion qui contraste avec la démarche du travail.
Le doigt d'honneur. Je l'imite amusée. On a toujours un doigt d'honneur à pointer.
Le poignet tourné sur le lit. L'asymétrie des yeux me frappe.
Je l'imite amusée avec mes lunettes.
Le sourire en gros plan déformé. Ça fait du bien de la voir rire avec ses petits cheveux qui tournent autour.
Je l'imite amusée et me force donc à rire. C'est un bon exercice pour le moral il parait, la gymnastique du rire.
Habillée dos au mur. Je l'imité amusée et me réjouie d'être aujourd'hui.
Nue dos au mur. Souvenir de cet état lourd, à cette période là. Je l'imité amusée et me réjouie d'être aujourd'hui.
Dans la salle de bain, essuyage de mains. Elle est blafarde et semble abattue. Et ces maigres plantes qui rampent péniblement et ne ressemblent à rien.
Je l'imite amusée, mais elle me plombe. Jamais elle ne rit ? Les instants sont-ils lourds chaque jour ?
En cuisine. Je ne trouve pas la photo de droite formidable et me trouve moche à gauche, mais ce dytique inclus dans un récit quotidien,
Légère plongée devant le lit. Elle est flou en premier plan mais sa présence fonctionne quand même au centre.
Je l'imite amusée. J'ai choisie d'être nette, maintenant que j'ai des lunettes!
Dans le salon, la cigarette sur le cendrier.. Elle fume beaucoup. Rien sur les mûrs du salon, c'est tout nu.
Ensuite, il y en partout. J'évite, un peu, de fumer, je préfère manger des pommes autres que Golden.
L'autoportrait allongée face au miroir. S'utiliser pour dire l'indicible en une fraction de secondes.
Linge à étendre. Quelle joie cette campagne, quelle chance d'avoir de l'air pour respirer. Je l'imite amusée.
Portrait à la pomme.
Elle mange des Golden et a bien des choses à en dire.
Je l'imite amusée et n'aime plus les Golden, je préfère les Royal Gala, parce que la vie est une comédie dramatique.