autoportrait et vision du jour

lundi 17 novembre

Mal fini, mal dit. Echec encore. Cette fois ça m’a l’air plus grave. J’ai presque l’impression que ce n’est pas la re-rupture qui m’atteint le plus. Ca m’a l’air plus grave. Je m’écroule moins intégralement, mais profondément ça se tord douloureusement. Je n’ai pas compris quelque chose. Je m’en veux. Je me sens coupable. La fin, je la savais déjà, la fin dans l’absolu, je me m’étonne pas, je la voulais car je n’avais plus le choix -elle ou moi-, même s’il me restait de l’espoir. En général on était d’accord sur les fins, même si ça s’affrontait. Mais cette fois juste du silence et quelque chose qui m’a échappé. Ce qu’elle ne m’a pas dit. Son silence m’a échappé. Je lui ai encore dit l’insupportable d’elle pour moi, je lui ai même dit le moins d’amour à force de, mais cette fois elle était trop fragile. Je n’ai pas cru qu’elle pouvait être si faible. J’ai encore cru-espéré qu’elle réagirait, entendrait et agirait. Je me suis précipité avec mon issuportable d’elle et elle s’est tue. Depuis elle s’est tue avec moi. (C’était hier.) Elle ne m’a plus laissé lui parler. Ne pas pouvoir lui parler, ni l’entendre. Elle s’est sauvée. Ne plus s’entendre du tout. Ce se tord dedans.

Je me suis cru plus forte que je ne l’étais. Elle aussi je l’ai cru trop forte. Je l’ai toujours cru extrêmement forte, même si je savais bien qu’elle ne l’étais pas et que j’aimais ça, mais elle l’est aussi. Une force froide qui la carapace toute entière. Toute couverte.

« Mettons bien les choses à plat. Tu en as vraiment bavé avec elle. Tu as des certitudes sur son handicap amoureux, tu sais le bonheur qu’elle ne te donnera pas. Tu sais qu’ à tes yeux elle ne sais ni recevoir, ni donner, hors du désir. »

Voilà, il y a le désir aussi. Ce lien là. Tant de désir. Il y a 6 jours nous nous disions « mon amour », nous nous disions que cette intimité là était « la plus belle » ou quelque chose comme ça. Mais quand cet amour cesse, quand la vie active habillée reprend, dehors avec les autres, avec chacune ses autres, ça revient. Le froid revient avec le silence, la distance. Non, tu te trompes, ça revient parfois quand je suis toute proche d’elle aussi. Des mots et tout d’un coup son silence. Son visage qui change, ressemble à celui d’une enfant et son silence. Là je ne peux rien. Mon amour ne serre à rien, je ne lui sers à rien. Elle est fermée, ne me laisse plus rentrer. Je suis un danger pour elle. Elle est à zéro degré, brutale, puis redevient plus chaude, douce. Elles sait bien tout ça.
Alors elle devient un danger pour moi. Sa protection, son éloignement, son silence. Je suis plus seule près d’elle que sans elle Le jour suivant et le suivant, je ne sens plus son désir. Elle n’a pas le temps, pas l’énergie. Elle a le temps, moi je n’ai pas le temps.
Je panique. J’ai compris quand même que j’ai tendance à aller trop vite et que ce n’est pas le rythme de tout le monde, que ce n’est pas le seul rythme. Alors je raisonne et je me calme. La panique s’en va. La déception reste c’est vrai. Une sorte de déception triste mais compréhensive, qui espère encore et lui souris aussi calmement que possible. « Laisse le temps Gisèle, le temps… ». Là j’ai lamentablement échoué.
Mais que je me rappelle aussi d’avant. Elle a besoin de mes limites, moi aussi, alors je ne nie plus mes limites. Elles sont bonnes pour nous mes limites. De toutes façons je les ait tellement éprouvées que je ne peux plus m’en passer. Elles s’imposent à moi face à elle. « Je ne veux plus pleurer avec toi » disent mes limites d’elle. Elles me font même la regarder et me dire « je ne t’aime plus ». Je l’ai senti au moins, 3 fois, et j’étais heureuse (« sauvée ») autant que triste. Ne plus l’aimer c’est une extinction morbide vue à quel point je l’ai aimée.
Alors pourquoi ça se tord comme ça, pourquoi ?
Bien sûr que je l’aime toujours, tellement fort. C’est juste pour me rappeler que dans tous les cas je me sortirais de cette histoire et que je ne me tordrais pas d’elle toute ma vie.
J’ai de nouvelles envies, à force. J’ai envie d’une personne nouvelle. Une femme, un homme, je m’en fous, mais je préférerai une femme qui pourrait me faire des enfants. Une qui n’ai pas peur de ses sentiments et de ses émotions, une qui dise et entende, une qui provoque, une qui ne se sauve jamais et qui m’aime ENORMEMENT, une qui vienne vers moi sans peurs.
Là je suis en accord avec moi, alors pourquoi ça se tord comme ça ?

Parce que sa blessure à elle et mon impuissance à moi. Je crois que je préfère quand c’est moi qui ait mal. Au moins je peux la détester et me dire qu’elle ne sait pas ce qu’elle perd « pauvre conne »…. Là, j’ai beau être malheureuse, ça a du sens entre ce que je veux et ne veux plus.
Mais son silence, ma culpabilité, c’est plus dur. Lui faire mal c’est trop dur. Peut-être que ce n’est pas cela du tout. Peut-être que son silence dit juste ses doutes d’amour à elle aussi. Oui mais je ne la connais que comme ça et je crois qu’il s’agit bien de sa souffrance que j’ai accentuée.
Là je ne peux rien me raconter qui me renforce si ce n’est qu’à « histoire violente, fin violente », pas très satisfaisant. « Laissons nous le temps de comprendre et de changer, je nous le souhaite… ».

Comme je ne peux pas en rester là, à cette incompréhension, à l’imagination déformée de ce que je ne sais pas, à ce que je n’ai pas compris, à ce que j’ai manqué en allant trop vite, à ce que je regrette, à ce que je n’ai pas entendu, à ce silence forcé. Parce que j’ai toujours besoin de la suite et que je ne peux pas croire qu’il n’y ait « rien » après, je vais finalement lui envoyer tous ces mots. Ces mots destinés
1- à y voir plus clair, dès fois que j’ai une illumination
2-à en faire quelque chose, parce que « rien », je ne supporte pas
3-à ce que cela m’amène ailleurs, m’enseigne quelque chose, m’aide à comprendre pour la suite
4-parce que cela est trop en moi pour ne pas me nourrir, mais que j’ai trop envie d’aller bien pour me faire une crise de boulimie avec
5-parce que l’amour c’est essentiel et que ça mérite presque tout
6-parce que les gens que j’aime sont exceptionnels
7-parce que ne rien faire ni dire c’est ne plus bouger, c’est mourir
8-parce que je n’ai rien à perdre et que je peux encaisser encore un peu plus de déception, de silence, de jugement
9-parce que quelque chose là est essentiel.

Je ne sais pas si ce que j’aime le plus est : elle, l’amour que j’ai pour elle, faire l’amour avec elle, parler d’elle, parler avec elle, espérer d’elle, apprendre d’elle, me nourrir d’elle. Oui, me nourrir avec elle.
Je ne peux pas me tromper aussi intégralement . C’est quoi le sens d’elle dans ma vie. Pas juste une femme.